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15 juillet 2026

Ni tout en salaire, ni tout en dividendes

La question qu’un indépendant en société tranche une fois par an, et le plus souvent au jugé. La réponse n’est à aucune des deux extrémités : la courbe a un sommet, et il se déplace avec le résultat.

Une société dégage un résultat avant que son président ne se rémunère. Il faut décider quelle part sort en salaire et quelle part sort en dividendes. Les deux routes sont taxées, mais pas par les mêmes prélèvements ni dans le même ordre, et c’est de là que vient l’arbitrage.

  • Le salaire porte les cotisations deux fois (patronales sur le coût, salariales sur le brut) puis le barème progressif de l’impôt sur le revenu, après un abattement de 10 % plafonné.
  • Le dividende passe d’abord par l’impôt sur les sociétés, à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice puis 25 %, et ce qui en reste subit la flat tax.
  • Cette flat tax n’est plus à 30 %. Les prélèvements sociaux sur le capital mobilier sont passés de 17,2 % à 18,6 %, ce qui porte le forfait à 31,4 %. La hausse ne touche que le capital : les revenus d’activité gardent leur taux.

Les deux extrémités perdent, mais pas du tout à égalité, et c’est là que l’intuition se trompe. Tout en salaire coûte cher : les cotisations passent deux fois, puis le barème grimpe. Tout en dividendes est beaucoup plus proche du compte : assez proche pour que la règle du pouce « je me verse tout en dividendes » soit défendable. Ce qu’elle laisse est un salaire modeste, qui vaut malgré tout quelques centaines à quelques milliers d’euros selon le résultat. C’est peu, et c’est mesurable : d’où le curseur.

simulation

Réglez le résultat de la société, puis balayez le niveau de salaire. La courbe est le net en poche ; le trait en pointillés marque le meilleur point. Ni le tout-dividendes ni le tout-salaire ne gagnent, et l’optimum se déplace avec le résultat.

0 €
net en poche meilleur brut ce que vous laissez
01ce que ce graphique ne dit pas

Le modèle embarqué ici est réduit, et il vaut mieux le dire que le laisser deviner. Sont exacts : les seuils et taux de l’impôt sur les sociétés, le forfait à 31,4 %, le barème 2026 et l’abattement plafonné. Sont approchés : les cotisations, ramenées à deux taux moyens là où les vraies sont par tranches, avec une marche au plafond de la sécurité sociale. La forme de la courbe est juste et le sommet tombe dans la bonne région : pas sur le bon euro.

Il ignore aussi ce qui décide souvent l’arbitrage réel : les droits sociaux attachés au salaire, la trésorerie qu’on veut laisser dans la société, les réserves des exercices antérieurs déjà soumises à l’IS, l’option pour le barème plutôt que le forfait, et le taux de prélèvement à la source du foyer. Ce sont des paramètres, pas des détails. C’est un outil de cadrage, pas un conseil fiscal.